Droit des passagers : La règle du "no-show" jugée abusive

Vous avez acheté un vol aller-retour et pour une quelconque raison, il ne vous est pas possible d’embarquer pour votre vol aller. C’est ce qu’on appelle un « no show » en anglais. Cela signifie littéralement que vous ne vous êtes pas « venu(e) » à l’aéroport.

Néanmoins, vous avez tout de même réussi à rejoindre votre destination, vous profitez de votre séjour sur place et voici venu, le jour du vol retour. En ce jour, vous vous dirigez vers l’aéroport et c’est la douche froide ! On vous annonce que pour pouvoir embarquer, vous devrez soit acheter un nouveau ticket, soit devoir payer une indemnité s’élevant jusqu’à 3000 €.

droits des passagers, clause no show, indemnité, suppression clause no show

La suppression de la clause de no show requise auprès de la Commission européenne

Cette semaine, les associations de consommateurs ont décidé conjointement de réclamer l’arrêt de cette pratique qualifiée d'injuste. Selon la directrice du Bureau Européen des Consommateurs (BEUC), Monique Goyens : « Le passager a payé les billets et s'attend donc à pouvoir les utiliser. Vous avez peut-être manqué votre vol aller, ou trouvé un moyen plus pratique pour vous rendre à votre destination, il n'y a aucune excuse pour les compagnies aériennes d’annuler votre vol retour ».

De plus, comme la directrice de BEUC le fait remarquer cette clause de no show est bien souvent dissimulée dans les conditions générales de la compagnie. Malheureusement, c'est lorsque le passager se trouve bloqué à l’aéroport qu’il découvre à ses frais cette clause.

Récemment, un passager de Brussels Airlines en a fait les frais et a dû débourser 2000 € pour pouvoir prendre son vol retour suite à cette clause.

Si cela vous arrivait avec un vol Air France, il vous faudra payer une pénalité variant de 125 à 500 € pour pouvoir monter à bord de votre vol retour en cas de no show à l'aller.

Le BEUC appelles les associations de consommateurs nationales à se pencher sur ces clauses de no show dans leurs pays respectifs et de mener enquête. Le BEUC a d’ores et déjà écrit à la Commission européenne afin que celle-ci interdise cette pratique.

Toutefois, on notera que cela fait maintenant 5 ans que toute tentative de réformes des droits des passagers au niveau de l’Union européenne s'est vue rejeter.  

droits des passagers, clause no show, indemnité, suppression clause no show

Des associations de consommateurs néerlandaise et grecque ont déjà entamé des procédures judiciaires à l’encontre de la compagnie KLM. Une association britannique, Which ?, a aussi écrit plusieurs courriers à différentes compagnies aériennes telles qu’Air France, Emirates, Qatar Airways, British Airways, Singapore Airlines ou KLM pour que celles-ci revoient leurs conditions.   

De l’espoir en vue

L’association de consommateurs belge, Test Aankoop / Test Achats, a pris les devants face à Brussels Airlines en 2017. Une action judicaire y est en cours. La compagnie aérienne nationale belge a déjà accepté de ne plus appliquer cette clause de no show si le passager prévient Brussels Airlines dans les 24h suivant son absence. Dans tel cas, le passager pourra prendre son vol retour sans devoir payer une quelconque pénalité.  

Au cours de ces dernières années des tribunaux allemands, autrichiens et néerlandais ont réussi à faire condamner British Airways, Iberia ou Lufthansa en raison de cette clause considérée comme abusive. Il n’y a plus qu’à espérer que ce droit sera ajouté à la réglementation européenne des droits passagers, CE 261/2004.

 La réglementation européenne des droits des passagers actuelle permet de réclamer une indemnité en cas de vol retardé, de vol annulé, de refus d’embarquement et de correspondance manquée. Si vous avez subi un tel préjudice, nous sommes là pour vous aider à obtenir votre indemnisation (variant entre 250 et 600 €). Vous pouvez calculer gratuitement et en 2 cliques le montant de votre indemnité en cliquant ici :  

 

Vérifiez votre indemnité

 

Ce que les passagers pensent de Vol-Retardé