Avions et éclairs font-ils bon ménage ?

La règle numéro un pour un pilote en cas d'orage, c'est... de l'éviter. En effet, un orage s'accompagne de phénomènes violents (vents, grêle, givre, foudre) susceptibles de malmener les appareils, même si ceux-si sont conçus pour y résister au maximum. Les appareils modernes sont conçus et certifiés pour résister à la foudre. Un avion est par ailleurs frappé par la foudre environ toutes les 1500 heures de vol ce qui représente une à 3 fois par an. Mais un avion frappé par la foudre peut-il s’écraser ? La réponse est non. Explications :

Quelle est l’origine des orages ?

On retrouve ces phénomènes à l’intérieur d’un type précis de nuages : les cumulonimbus ces nuages caractéristiques (très sombres et pouvant s’élever jusqu’à une dizaine de kilomètres d’altitude) sont très présents près de l’équateur et des tropiques où des masses d’air chaud rencontrent des masses d’air plus froid créant ainsi des dépressions. La fréquence de ces phénomènes diminue à mesure que l’on se rapproche des pôles.

Ces zones orageuses peuvent-elles être évitées ?

Avant de pouvoir être évitées, ces zones doivent d’abord être détectées. De nos jours grâce aux satellites ainsi qu’à l’amélioration des systèmes de radar et de communication, on peut plus facilement repérer et ainsi prévoir la trajectoire des zones d’activité orageuse. Les avions de ligne embarquent des radars dont la portée va de 200 à 300 km laissant ainsi aux pilotes de 20 à 30 minutes afin qu’ils modifient leur cap pour éviter la zone orageuse. Cependant ces phénomènes sont malgré tout des phénomènes instables et peuvent donc se former soudainement.

Quel est donc l’impact d’un orage sur un avion ?

Paradoxalement, le plus visible et le plus spectaculaire des phénomènes présents dans une cellule orageuse est le moins dangereux pour l’appareil : il s’agit de l’éclair. La couche extérieure de l’avion (la carlingue) est faite de matériaux conducteurs qui permettent d’évacuer la décharge. C’est le phénomène de la « Cage Faraday ».

En revanche, même si cet éclair n’occasionne pas de dommages directs et visibles sur l’appareil, le danger provient du fait que les systèmes électroniques de l’avion peuvent avoir été endommagés voire détruits. Mais pas de panique, ces systèmes sont présents en double voire même en triple sur les avions modernes.

Alors, d’où provient le danger ?

Le premier risque provient du givre qui est susceptible de se former à différents endroits de l’appareil qui traverse une zone orageuse : les capteurs externes qui fournissent la vitesse ou l’altitude. Ces instruments fragiles peuvent fournir de fausses informations s’ils sont dégradés. Un autre risque vient de la grêle et des turbulences qui peuvent quelque peu malmener l’avion. Les turbulences peuvent fragiliser voire tordre la structure de l’appareil dans de très rares cas de violence extrême. La grêle peut quant à elle, endommager les vitres ou le nez de l’avion.

Un autre risque indirect demeure la panne sèche : Lorsqu’un orage gronde aux alentours d’un aéroport, celui-ci est susceptible de fermer temporairement pour des raisons de sécurité forçant ainsi tous les avions en approche à se dérouter. Les pilotes anticipent donc et prévoient des aéroports de « secours » ainsi qu’une marge plus ou moins importante de kérosène en fonction du risque de présence d’orages durant le vol.

Vous n’avez donc aucune inquiétude à avoir par rapport à cela. Profitez-en pour faire de belles photos ou vidéos si vous êtes assez rapides car c’est un phénomène rare et impressionnant, mais qui va « à la vitesse de l’éclair ».

Voici une vidéo illustrant le phénomène. Attention, ça va très vite : 

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